Le peloton de tête du Dakar-Paris va bientôt franchir la place de la Concorde et aborder la dernière ligne droite des Champs Elysées. Un foule dense et réjouie attend avec impatience devant le drugstore Publicis...

Ils arrivent !

Les voilà enfin aux portes de la capitale, les premiers dromadaires du peloton de tête se hâtent vers la Place de l’Etoile où se jouera la finale de cette grande épopée, après deux mois de caravaning depuis Dakar. Deglet Nour, l’équipage favori, a pulvérisé les records bien qu’un soupçon de dopage à la banane plane une nouvelle fois sur les vedettes. Ceci dit l’impressionnante assistance (plus de 150 tentes kaïdales qui précèdent et suivent les caravanes) y est bien sûr pour beaucoup. Toute la vallée du Rhône a été paralysée pendant un long mois pour cette compétition organisée autour de 3 catégories : les caravanes de dromadaires, celles des mulets lourdement chargés, et celles des ânes.

Aucun incident cette année

On se souvient des dramatiques problèmes survenus un an plus tôt lors de l’avant-dernière étape, lorsqu’un animal a laissé tomber l’intégralité de son chargement de dattes sur la table d’une spectatrice de 82 ans prenant son thé sur la terrasse du Fouquet’s, qui en a avalé son dentier et que l’on n’a pas pu ranimer. Regrettable incident qui a mis en émoi la noble famille de Glutzenbaum voyant ainsi disparaître leur aïeule en la personne de la Baronne. Chacun a aussi visionné toute une semaine les images éprouvantes de la télé montrant le galop soudain de ces dromadaires affolés par une sirène d’ambulance, entrés tout droit à grand fracas (quels chameaux !) dans la vitrine de chez Fauchon et qui ont fini leur course au milieu de cartons de chocolat violemment éventrés.

Rien de tout cela cette année grâce aux services de sécurité, même si le petit Ernest-Antoine, à l’étape de Sellières, s’est fait malencontreusement écraser deux orteils alors qu’il tentait de prendre d’un peu trop près une photo numérique d’un chamelier.

Cette année un volontaire apport didactique a contrebalancé l’âpreté de la compétition, les jeunes écoliers ayant mis à profit cet aimable spectacle d’un jour devant les fenêtres de leur village pour découvrir de visu la vie des habitants de l’Afrique et s’instruire des bienfaits de la colonisation, en découvrant par exemple l’usage des assiettes en carton chez les caravaniers.

Une arrivée haletante

Devant la tombe du soldat inconnu dont on avait ranimé la flamme les compétiteurs firent un salut cérémonieux, conscients que gisait sans doute là quelque tirailleur sénégalais tombé au champ d’honneur. La dernière spéciale fut tout particulièrement remarquée avec le galop effréné des mulets tout au long de l’avenue sous les applaudissement d’une foule en délire.

Après cette réussite il semble que la formule puisse être étendue l’an prochain grâce à un parcours revisité. On découvrirait ainsi les animaux à une bosse au sein de toute l’Union Européenne, de Berlin à Madrid en passant peut-être par Lausanne (mais ce dernier point est encore en discussion).

Tout un chacun cependant peut en être d’accord : Vive le Dakar-Paris, la compétition qui unit les peuples !