Ça y est, ouf, nous sommes revenus dans la norme : 98 voitures brûlées chaque nuit, c’est "rien que du normal" nous expliquent doctement les infos. Donc les banlieues sont redevenues "calmes" - puisqu’on vous le dit ! - mais bon, pourquoi ces violences ?

Eh bien le ministre français délégué à l’Emploi Gérard Larcher, lui, le sait.

Gérard Larcher : la polygamie, ben oui !

En France si on n’a pas de pétrole on a de remarquables hommes politiques, comme Gérard Larcher qui nous explique pourquoi il y a eu 20 jours d’émeutes dans les banlieues. A partir d’un raisonnement simple, que tout le monde aurait pu faire (comme quoi, il n’est pas nécessaire d’être ministre pour utiliser son intelligence).

"La polygamie, ça fout la zone (Gérard Larcher)"

Ce Proverbe Larcherois n’est après tout qu’une observation de bon sens pour notre ministre. En effet, après les premières images télévisées de quartiers mis à feu et à sang tout le monde s’est posé la même question : Pourquoi des voitures brûlent à Créteil et pas à Neuilly, ni dans le 16e arrondissement ? Ou même à Chambon sur Lignon, ou encore à Narbonne Plage ?

C’est là que notre ministre a compris avant les autres : quand les immeubles sont taggués, les boîtes aux lettres détruites et les carcasses de voitures abandonnées au pied des immeubles, quand il n’y a aucun travail et des transports en commun caillassés c’est qu’on est dans une grande cité de banlieue !

Et qu’y a-t-il de spécifique dans ces cités, une particularité que l’on ne rencontre nulle part ailleurs s’est demandé notre ministre ? Réponse : la polygamie. Car c’est dans ces lieux mal famés (pour un ministre) qu’habitent les africains et les mormons, là que sont nés nos nobles aïeux polygames que nous décrit la Bible. David, Salomon, Abraham ou Moïse ont en effet tous vu le jour en banlieue pharisienne.

L’équation du ministre est donc fort simple : Banlieue = Polygamie et Banlieue = Voitures brûlées, ça nous fait Polygamie = Voitures brûlées. CQFD !

Mai au fait, la polygamie c’est quoi donc ?

La polygamie ou le pluriel conjugal

Eh bien c’est facile à comprendre, la polygamie ça ne se fait pas dans les bonnes familles donc c’est quelque chose d’in-ter-dit. Lorsqu’un homme a plus d’une épouse ou une femme plus d’un mari c’est de la polygamie. Ce n’est pas bien puisque c’est interdit par la Loi. Par exemple le Président de la République François Mitterrand n’avait qu’une seule épouse, donc il n’était pas polygame. L’autre femme qui partageait sa vie c’était sa maîtresse, et ça la Loi ne l’empêche pas. François Mitterrand n’a d’ailleurs jamais incendié de voiture.

Tout le monde peut donc avoir épouse, maîtresses, mari, amants à sasiété, mais ça reste extra-conjugal. Une personne mariée qui aime une seconde personne en plus de son conjoint ne peut pas l’épouser également.

Quand les statistiques se mettent à parler

Restait tout de même un petit doute malgré les études supérieures de Gérard Larcher (plutôt faible en statistiques dixit son prof de math à l’ENA). En effet, dans les cités de banlieue (tagguées, sans boîtes aux lettres, sans travail etc.), il faut bien convenir que des polygames, il n’y en a pas énormément. Très peu de mormons (qui sont polygames) vivent en effet dans les cités de banlieue. A Salt Lake City les mêmes mormons ont rarement mis le feu à leurs Cadillac). De même que dans les banlieues françaises il y a peu d’immigrés africains polygames (qui bichonnent leurs Land Rover si utiles en brousse) plutôt en minorité. Alors ?

Pris d’un doute nous sommes allés consulter le meilleur spécialiste des banlieues à problème, j’ai nommé le Ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy. Et pendant qu’il nettoyait son karcher-anti-racaille il nous a suggéré d’aller découvrir par nous-mêmes les spécificités des lieux. Et c’est là que l’évidence s’est imposée, celle que personne ne voit, et qui pourtant crève les yeux.

Les paraboles, les vraies coupables des émeutes

C’est notre cameraman avec son œil exercé qui nous a en a fait immédiatement la réflexion : beaucoup plus que des polygames... il y a, systématiquement, visibles de partout, à profusion... des paraboles sur tous les balcons. A tous les étages. Des grandes, des petites, des claires, des foncées, deci, delà, partout, ne laissant nulle place où la main ne passe et repasse.

Etait-ce la clé de l’énigme ???

Lorsque les courbes se mettent à parler

Nous avons donc fait aussitôt établir une courbe statistique comparative des ratios Population/nombre de paraboles/Nombre de voitures incendiées. Et la vérité s’est imposée : Plus le nombre de paraboles par m2 est élevé, plus le nombre d’incendies croît.

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Les paraboles provoquent des incendies
Le ratio paraboles / population / incendies se passe de commentaires : il y a une corrélation certaine dans ces satistiques !

La preuve est faite : ce qui provoque les troubles, c’est le nombre de paraboles.

Reste à déterminer ce qui excite si violemment nos concitoyens : sont-ce les ondes satellite ou les radiations du poste TV ? Ou encore, hypothèse osée, les informations des différentes chaînes ? Les journalistes et leurs images choc y seraient-ils pour quelque chose ? Vous croyez ? Nonnnn ?

Une chose est sûre dans ce dernier cas, TF1 n’y est pour rien. Ses téléspectateurs ont un cerveau disponible et n’y voient plus que la publicité (et la publicité ce n’est jamais très excitant). C’est d’ailleurs grâce à ces doctes explications que Patrick Le Lay a mérité un Oie-Loue !