Dès le 7 mars nous l’avions annoncé ici même : le Pape n’avait plus les faveurs de son directeur, le Président Directeur Général du ciel qui lui envoyait force virus dans les oraisons et bactéries dans le vin de messe. Mais devant la résistance inattendue de son directeur des ouailles il a fini par employer les grands moyens : licenciement définitif et sans indemnités.

Après ce funeste coup du sort JP II toujours aussi tenace est allé se présenter aux autres multinationales pour tenter une reconversion. Hélas ni Allah ni Bouddah n’ont voulu de lui. Le premier lui a reproché son inefficacité dans l’affaire de l’Irak et le second son manque d’intérêt pour le Tibet, outre qu’il était quand même satisfait du Dalai Lama. Et puis ce pape leur paraissait à tous deux un peu trop obsédé par le sexe. Du coup il a laissé tomber, le Jean-Paul, et il a faussé compagnie à tout le monde. Tout ça vous a fait un foin... du diable !

Quid du successeur ?

Voilà pourquoi la place est vacante à Castel Gandolfo où tout le monde se demande qui Va-t-y Quand ? Et où un brain trust est organisé en ce moment même au conseil d’administration pour désigner le successeur. Car le prochain pape va avoir du pain sur la planche pour faire remonter les ventes, c’est certain. La distribution d’amulettes de la Sainte Vierge ne marche plus à Lourdes qu’au 15 août et le Christ avec ses épines de travers et ses plaies sanguinolentes se vend de plus en plus mal. Au point qu’on envisage sérieusement de changer de symbole et de faire plancher des agences de pub pour renouveler tout ce vieux tralala. La question est d’actualité : l’église catholique est-elle trop en retard, c’est le moment de se poser la question ? Déjà Mahomet avait dévoilé des promesses beaucoup plus alléchantes avec son paradis rempli de jeunes vierges éternellement vierges, capables on l’a vu de décider tout un tas de jeunes têtes brûlées à s’envoyer en l’air. Et pendant ce temps là les cathos vous promettaient bêtement d’aller à la droite de Dieu, fricoter pour l’éternité avec des anges - tu parles d’un ad vitam aeternam en compagnie d’êtres dépourvus de sexe...

Côté menace non plus ça ne marche plus très fort. Il fut un temps où l’apocalypse faisait recette, où les Tsunamis étaient un bon plan pour ramener les agneaux dans le droit chemin. Mais depuis Galilée tout va de travers, la Terre n’est plus le centre du monde et la météo se gère sur ordinateur. Il ne reste plus que quelques malheureuses malédictions comme le réchauffement climatique, la couche d’ozone, le sida... et malgré les jérémiades des journalistes ça ne suffit plus à effrayer le bas peuple. Voilà que ces damnés scientifiques s’ingénient à découvrir qui le vaccin antirabique, qui la pénicilline, et même le cancer se mettrait à reculer tranquillement. Le monde n’est plus ce qu’il était, ma bonne dame ! Pour nous émerveiller aujourd’hui après l’homme sur la Lune et le Wi-Fi il faudrait qu’une bonne douzaine de saintes vierges apparaissent à Bernadette - Chirac, pas Soubirous dont tout le monde se fout - en string lamellé, se trémoussant et bêlant comme la StarAc, et encore faudrait-il qu’elles débarquent devant TF1 d’un vaisseau spatial à la vitesse de la lumière faute de quoi elles n’assureront pas un caramel - ni même un carmel.

Pour comble de malheur on dirait bien qu’on a perdu définitivement la recette des miracles. Plus de tempête calmée et de pêche miraculeuse, d’eau changée en vin, de paralytiques qui se mettent à galoper, d’aveugles qui recouvrent la vue. Ou plutôt si, tout cela existe mais ça se fait dans les laboratoires, les centres de recherche et les hôpitaux. Il n’y a plus de magie religieuse de nos jours, mon bon monsieur !

Alors, ce nouveau pape ?

Un seul candidat peut redorer le blason de l’église. Une seule personne a montré suffisamment de détermination dans la foi, de volonté de chasser le Mal et de faire le Bien dans le monde malgré ce refus infernal des gens de découvrir le bonheur. Voilà quelqu’un qui a découvert Dieu après de longues années d’errance dans l’alcool, de fénéantise, de filsàpapa-isme et qui a retrouvé le bon chemin. Qui plus est il est fortuné, bien pensant, et il a du pouvoir. Le nouveau pape qu’il nous faut, je vous le dis, c’est monsieur Bush. Le G.W. Ya pas photo !

Voyez ses recommandations aux adolescents de pratiquer l’abstention, sa lutte contre le Planning Familial US, les pleins pouvoirs donnés à son armée, la réduction des impôts pour les riches et la réduction des aides pour les pauvres. Voilà quelqu’un qui se demène dans la droite ligne de l’église du moyen âge, du temps où l’Inquisition savait ce qui était bon pour vous. Bush peut gérer intelligemment la multinationale vaticane en décrépitude. Il aime fusiller les mécréants, torturer les traîtres, porter la bonne parole démocratique. Voyez sa réussite en Irak, son soutien aux pétroliers, son refus du protocole de Kyoto ! Réclamons une élection démocratique du pape, les urnes sauront donner le bon choix au monde. Vive le pape ! Vive Bush ! Et par la même occasion les américains en seront débarrassés.

Finalement ce serait un très bon choix. Reste à convaincre les républicains d’arroser généreusement les cardinaux et autres béni oui-oui. Vous verrez, à peine un effort et l’affaire est dans le sac.