Simplicité des lignes, dépouillement des couleurs et authenticité des matières ont donné le ton lors du dernier défilé de J-P Gaultier en Iran

Un retour aux valeurs simples

Accroc à l’innovation Jean-paul Gaultier réussit toujours, collection après collection, à puiser une inspiration magistrale dans une actualité à ce point singulière que personne, hormis lui-même, ne la remarque. Dans la capitale iranienne ce dernier week-end il a encore donné une magistrale leçon de créativité avec sa collection au thème singulier, "Thé et rang". Inspirés du strict cérémonial du thé dans l’académie iranienne où les policières disciplinées doivent s’aligner strictement devant leurs supérieurs masculins familiaux les modèles ont su traduire toutes les nuances de cette société riche de contrastes où les femmes semblent n’aimer qu’une seule couleur, le noir et un seul vêtement, le Tchador.

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Jean-Paul Gaultier et l’épuration des lignes
Lors de son dernier défilé Jean-Paul Gaultier a encore rallié tous les suffrages pour ses originaux modèles

Chacune a droit à son identité

L’essentiel du discours de notre créateur est résumé dans cette formule lapidaire mais néanmoins pertinente. En Iran les subtilités identitaires s’expriment ordinairement grâce à un noir plus intense ou quelques centimètres de plus dans la longueur du Tchador, ou encore un noir moins dense et quelques centimètres de moins. A l’intérieur de ces limites que toutes les femmes semblent se donner autant de libertés sont permises, donnant un piquant inattendu à des subtilités qui dans d’autres pays seraient passées inaperçues. Au fond, à contempler les mannequins impassibles de notre Jean-Paul, on se prend à envier la sagesse de ces femmes qui se moquent comme de leur première chemise des formes et des couleurs. Dommage que les hommes occidentaux soient si exigeants sur l’apparence des femmes, sans laquelle nous pourrions faire avec la mode Thé et Rang de sérieuses économies, ne serait-ce que dans la chimie des couleurs.