"Le danger, c’est dangereux. Il faut à tout prix l’éviter." Voilà en substance le premier conseil prodigué par le Président de la République à la presse, réunie le 6 janvier pour les traditionnels vœux.

Devant la perplexité de l’auditoire abasourdie par la pertinence de la déclaration il en a précisé le contexte : "Car l’intervention du gouvernement coûte trop cher, et ce qui est trop cher coûte trop d’argent"

"S’il y avait moins de journalistes sur place, il y aurait moins de risques. On expose la vie des gens. Ce n’est pas raisonnable", a martelé le président de la République lors de ses voeux à la presse. "Pour tous, c’est une question de responsabilité. Vous ne savez pas l’ampleur des efforts qu’on est obligé de faire pour retrouver les personnes disparues en Irak. Cela a un coût global très important pour la nation", a-t-il ajouté, faisant référence à la mobilisation des services de l’Etat pendant la longue détention de Christian Chesnot et Georges Malbrunot.

Après cette déclaration lapidaire et néanmoins pleine de bon sens, tout le monde a compris pourquoi on appelait cette personne “Chef de l’Etat”.

Il vaut mieux ne pas sortir de son bureau

"Dans la période actuelle, vous le savez, la sécurité de nos correspondants de presse ne peut pas être assurée en Irak. C’est ainsi", a déploré le chef de l’Etat. Avant de lancer avec des mots choisis : "Je veux redire que les autorités françaises déconseillent formellement l’envoi de journalistes dans ce pays". Au patron d’une grande agence de presse, Jacques Chirac a conseillé de dire à ses journalistes en poste en Irak "de ne pas sortir du bureau".

Des vœux pleins de bon sens

Nous avons demandé à un éminent spécialiste d’analyse lexicale, le Professeur Zahradnik Prochazka, diplômé de l’Université de Ceske Budejovice et conseiller privé de G. W. Bush de commenter ce discours.

Evidemment, ces conseils éclairés ne sont peut-être pas immédiatement compréhensibles par tout le monde nous a dit ce spécialiste. C’est naturel, car ils viennent de quelqu’un de très haut placé. Mais ils ne sont pas contestables dans leur contenu tant ils sont empreints de sagesse, et à mon avis ils seront certainement suivis par les français responsables respectueux de la parole présidentielle. Que vous dit votre Président ? Qu’il est normal en effet de tenir compte du danger dans une profession exposée. "S’il y avait moins de journalistes sur place, il y aurait moins de risques." Là, tout est dit, l’évidence crève les yeux. Celui qui prend un risque s’apprête manifestement à prendre un risque, c’est ce qu’exprime ce sage homme.

De même lorsque votre Président affirme "Vous ne savez pas l’ampleur des efforts qu’on est obligé de faire pour retrouver les personnes disparues en Irak. Cela a un coût global très important pour la nation" il veut tout simplement dire que ce qui coûte de l’argent oblige a dépenser beaucoup d’argent.

2005, l’année de l’économie et de la sécurité

Soucieuse d’aider la France dans la mise en œuvre de ces efforts importants, l’Association Rien qui est à la pointe du Rien Faire peut apporter son expertise dans un domaine très sensible. A une époque où l’activité est considérée comme source d’équilibre, où le premier ministre lui-même déplore : "Les Français ne savent plus se lever tôt", inciter à ce qui peut passer comme un repli sur soi n’est pas une tâche facile et nous pouvons apporter tout notre savoir. Nous pensons donc que si l’on veut que la France retrouve une place de premier plan dans le concert des nations, il suffit que chacun soit soucieux de respecter ces deux conseils élémentaires :

  1. Ne pas s’exposer à des situations dangereuses.
  2. Eviter les dépenses importantes.

Il est facile de remarquer que ce ne sont pas les seuls journalistes qui sortent à tout bout de champ de leur bureau. Les dirigeants d’entreprise sont toujours par monts et par vaux, mais aussi les commerciaux, les ouvriers du bâtiment, et même les techniciens de surface ne restent jamais le stylo à la main devant une feuille de papier ou un écran d’ordinateur. Et on peut remarquer parmi ces quelques exemples que tous ne sont pas logés à la même enseigne : si les commerciaux gagnent de l’argent, les maçons et autres plâtriers en dépensent ! Il faut donc que cesse cet état de fait extrêmement dispendieux tant en risques qu’en monnaie sonnante et trébuchante.

La prime des ronds de cuir

Il convient donc de créer des incitations pour que les activités se développent dans le sens souhaité, et des dissuasions pour réprimer les excès dans l’autre sens. Ainsi on pourrait créer la prime des ronds de cuir, indexée sur le temps passé sur sa chaise. Et un impôt anti-déplacement qui augmente les charges salariales dès qu’une personne franchit vers l’extérieur la porte d’une société. Bien entendu des exceptions seraient établies, une voiture étant considérée comme un lieu de travail pour des commerciaux, des chauffeurs de taxi ou des ambulanciers.

Dans les professions à sur-risques comme dans le bâtiment on pourrait mettre tout le monde à la planche à dessin, privilégiant pour un temps les plans et esquisses et remettant les constructions à plus tard, quitte à ce que les architectes et ingénieurs mettent la main à la pâte sur les chantiers une fois la sécurité revenue dans quelques années.

Quant aux journalistes, ils pourraient désormais n’enquêter que sur leurs collègues de bureau, la vie du journal ou les aléas de la vie en immeuble. Les faits divers parleraient des pannes d’ascenseur et des machines à café. Les faits de société concerneraient la garderie de l’entreprise, des enquêtes sur la sexualité au bureau rempliraient aisément les colonnes des quotidiens et les écrans de télévision. Cette limitation des déplacements entraînerait également une économie non négligeable sur les reportages du journal télévisé. Il suffit de suivres les traces de Jean-Pierre Pernault dans son journal de midi sur TF1 : la preuve est faite qu’on peut limiter son horizon géographique aux frontières françaises et les sujets du journal aux tours de main des ménagères pour laver leur évier. Et comble d’avantages, cela rendra le cerveau des français encore plus disponible pour la publicité !

Monsieur le Président, vous nous avez tracé la voie !