Après le séisme qui, en Asie, a frappé des milliers de gens sans grandes ressources, le Pape a expliqué que Dieu n’était pas responsable : à la suite d’un spam son ordinateur a été frappé d’un virus qui a provoqué l’épouvantable catastrophe.

Un Noël bien arrosé…

Après le raz de marée qui a frappé les côtes asiatiques le 26 décembre des journalistes ont été envoyés aussitôt à Rome pour rencontrer un Pape visiblement dans l’embarras. Comment en effet était-il possible que Dieu frappe de son courroux les plus démunis en expédiant une déferlante dans des contrées si pauvres, où la principale richesse est surtout dans les poches des occidentaux venus passer là leurs vacances de Noël ? Dieu savait que les hôtels pour touristes resteraient intacts, et que ce seraient les habitations souvent précaires des gens du cru qui paieraient le plus lourd tribut. Ne pouvait-il prévoir cela ? Dieu savait par avance qu’il n’y aurait que 630 morts ou disparus français - pour citer au hasard un pays occidental - alors qu’il faudrait déplorer plus de 150.000 morts autochtones. Le courroux de Dieu était-il donc dirigé contre ces pauvres gens ? Et si oui, il les jugeait coupables de quoi ?

Ce sont ces embarrassantes questions qu’ont posé au Saint-Père les reporters de Fox News, toujours sur la brêche, à l’affût d’une vérité, même douloureuse…

Le Pape, la voix embarrassée et hésitante, cherchant visiblement ses mots, a répondu que Dieu n’était pas en cause. D’après sa Sainteté, Dieu aurait eu un problème : son ordinateur aurait été victime de spam porteur d’un virus capable de changer à son insu le contenu des messages. Le chef de l’église catholique assure en effet avoir adressé récemment un courrier électronique à son supérieur hiérarchique pour lui demander de faire quelque chose pour l’Irak. Il précisait même que si Dieu ne souhaitait pas frapper une nouvelle fois les Etats-Unis - ce qui était compréhensible au vu du nombre considérable de prêcheurs et d’églises dans ce pays - la manifestation concrète de son désaccord avec l’action guerrière des occidentaux dans ce pays devait être ostensible et non voilée.

Une vraisemblable erreur d’aiguillage

Dieu aurait donc adhéré à l’idée papale et lancé un tremblement de terre du côté des bases militaires en Irak, mais à cause d’un dysfonctionnement de son ordinateur ce cataclysme aurait abouti malencontreusement à Sumatra. Ce serait la conséquence de trous de sécurité du navigateur qui auraient permis que le virus agisse en toute discrétion en modifiant subrepticement l’action divine.

De nombreuses questions sans réponse

"Evidemment" a rappelé le Pape, "Dieu ne peut pas se tromper, ce n’est pas dans sa nature. Il est évident qu’il s’agit bien d’un malin virus qui a provoqué cette erreur de destinataire pour que la terre tremble à Sumatra. Dieu ne s’est aperçu de ce problème que très tardivement car il avait un peu trop arrosé Noël cette année et s’était couché fort tard. Quand il s’est réveillé, le mal était déjà fait."

La Pape a expliqué alors que pour empêcher que la vague maudite ne fasse ces épouvantables dégâts, il aurait fallu un miracle. Un journaliste fit cependant remarquer que Jésus Christ avait lui-même fait ce genre de miracle en calmant la tempête sur le lac de Tibériade vers les années 4 ou 5 avant Lui, il y a plus de 2000 ans. Pourquoi le père n’avait-il donc pas agi comme le fils ?

Sa Sainteté a expliqué alors que Jésus Christ, par cachotterie enfantine, n’avait pas voulu laisser à son père la recette du miracle proprement dit car il avait trouvé ces quelques trucs tout seul sur terre (comme la manière de changer l’eau en vin) et il en était très fier. Et comme son père l’avait lâchement abandonné sur la croix sans prêter attention à ses suppliques il s’était juré de garder le secret à jamais.

Rome ne répondra pas aux récriminations

Devant l’attitude plutôt réservée du Pape et ses explications embarrassées, il est clair que Rome se désolidarise complètement des deux Dieux, le Père et le Fils. S’abritant derrière un dysfonctionnement qui reste à prouver, le Pape souhaite surtout garder les mains propres (mani pulite) et surtout ne pas être amené à endosser des responsabilités qu’il estime ne pas être les siennes. Les quelques milliards d’Euros nécessaires aux reconstruction font par ailleurs cruellement défaut au Vatican, mais par delà les apparences peut-être faut-il voir là un début de rébellion du Vatican envers le Très Haut.

"Pour les dédommagements, prenez rendez-vous avec mon supérieur" a déclaré sa Sainteté. "Je veux bien endosser les errements sexuels de certains prélats américains, mais ma responsabilité s’arrête là. Pour les catastrophes, veuillez vous adresser à Dieu directement. Je vous donne même l’adresse : Dieu@ciel.lahaut. Messieurs, au revoir et rendez-vous à l’apocalypse !"