Elle court elle court la rumeur. Le prince Charles, prince de Galles, fils de la reine du Royaume Uni d’Angleterre, de Galles, d’Écosse et d’Irlande du Nord serait annoncé en Aubrac.

Pour quoi faire, on n’en sait trop rien. Le Windsor vient il faire du windsurf sur le lac de Saint-Andéol ?? Il se murmure de-ci de-là qu’il viendrait assister à la transhumance du 23 mai, entre Aubrac et le col de Bonnecombe, au pied du signal de Mailhebiau. Mais comme en matière de discrétion, le prince de Galles n’a pas d’égal, chacun peut donner libre cours à ses supputations. Il a même été entendu que le prince Charles serait accompagné du nouveau lord du royaume, Mick Jagger, qui voudrait connaître la tome de Laguiole, lui qui a passé sa vie sous le signe du rock fort. Sans doute iront ils voir la cascade à proximité dont la légende dit que Déroc enrôle. Ce qui est certain c’est que les vaches, déjà allaitantes seront haletantes en regardant l’entrain du prince passer.

Historiquement parlant, un prince de Galles a déjà séjourné en Gévaudan. Il s’agit d’Édouard de Woodstock, fils du roi Édouard III d’Angleterre, à la tête de l’Aquitaine dès 1355 et connu sous le doux sobriquet de « Prince Noir » Ce sont les troupes de ce sombre personnage que Bertrand Du Guesclin a reconduit aux portes du comté, participant ainsi du déclin de l’influence anglaise en France. D’ailleurs Woodstock s’éteignit comme une chandelle dans le vent en 1371, et le ton jaune, couleur de deuil au pays de Galles, fut porté par tous. Il fût enterré au pied d’un arbre nain pas plus haut qu’un quart d’if. Après ces heurts cymro-gabales [1], le puissant Comte du Gévaudan de l’époque, Astorg de Peyre de Thoiras décréta quelques précautions à suivre lors du séjour des Gallois en Gévaudan. L’édit dit (1961 1997) notamment que s’il faut faire bon accueil aux Gallois de bon aloi, ceux-ci ayant la dalle en pente, il est recommandé de tenir les Galles au pain et à l’eau.

On le voit, les hypothèses sur les motivations de la venue du prince Charles sont nombreuses, diverses et variées. Dans les milieux halieutiques il se dit que le prince de Galles voudrait tremper sa gaule dans notre milieu aquatique dont les eaux vives offrent de nombreux parcours sportifs. A moins qu’il ne désire offrir à ses papilles un régal de morilles dont c’est la saison et on sait que pour le Galles, le goût est une institution.

Au final, dans l’attente d’informations sérieuses, le prince de Galles est rien, même s’il mène bien sa barque, qu’un sujet de galéjades. Mais si sa venue venait à être confirmée, on ne saurait trop le prévenir que lorsque les vaches transhument, elles traînent dans leurs sillages des compagnies d’insectes piquants. Si des sympathiques ruminants les pis curent les carences lactées des grands et des petits, les piqûres des mouches suiveuses incommodent grandement les victimes. Et au mois de mai, lorsque sifflent gai rossignol et merle moqueur, c’est la période de prédilection de l’espèce la plus farouche, le taon des cerises.

Alors votre altesse, prenez garde car il est bien lourd le taon des cerises, et s’il venait à piquer la partie la plus étendue de votre individu, à savoir vos royales oreilles, nul doute que de vos feuilles tomberaient des gouttes de sang, et vous garderiez une plaie ouverte sur laquelle il ne faudrait pas que la gale y pète.

Lozérix - Lueur gallogène et prince sans rire.

[1] en gaélique, Pays de Galles se dit Cymru, les habitants sont les Cimmériens. D’ou la parenté, indécelable à l’œil nu entre le prince de Galles et Conan le Barbare dit également Conan le cimmérien. « Sache, O Prince, qu’entre les années où les océans engloutirent Atlantis et ses cités d’argent, et l’avènement des fils d’Aryas, il y eut une époque dont nulle imagination n’a jamais rêvé, où des empires étincelants recouvraient la surface du monde à l’instar de voiles bleus sous les étoiles. Alors vint Conan le Cimmérien, à la crinière d’ébène, au regard sombre, l’épée au poing, un voleur, un errant, un tueur, aux mélancolies et aux joies gigantesques, qui foula aux pieds les trônes sertis de joyaux de la terre entière. » Robert Ervin Howard.