La Lozère est depuis fort longtemps un territoire de prédilection pour les assassins de masse. Encore aujourd’hui ce phénomène perdure, et les victimes se comptent par centaines voire par milliers et ce chaque année. Chacun peut voir, notamment sur les communes du Buisson, Mende, Aumont, Langogne, Serverette, St Chely, Cocures, St Amans, Cultures, des corps sans vie, décapités, écorchés aux membres coupés. Ces cadavres torturés sont là, exposés à la vue de tous, sans que ni la police ni la justice ne s’émeuvent de ces meurtres aux dimensions industrielles. Fait particulièrement troublant, les parents ou les proches des victimes ne portent jamais plainte.

Des criminels hors du commun

Un criminologue spécialiste en la matière a pu dresser les portraits robots et le mode opératoire de ces criminels hors du commun. Leur psychologie est normale, sans trace de psychotisme, paranoïa ou schizophrénie, qui sont en principe les traits représentatifs de ces individus. Les cycles saisonniers semblent cependant avoir une forte influence sur leurs comportements. Les statistiques réalisées montrent un envol de l’activité criminelle en décembre. Leur spécificité première est de ne jamais agir en milieu urbain, la totalité des meurtres a lieu en zone rurale. La victime est abattue sur place, parfois son corps est transporté en un autre lieu où il est démembré et écorché post-mortem. Certaines caractéristiques sont absolument étonnantes. Ainsi les tueurs agissent la plupart du temps en groupe et en plein jour. Ils n’ont aucune conscience de la gravité de leurs actes et n’éprouvent aucun remords après la commission de ceux-ci. Au contraire, lorsqu’il exécute sa victime, l’auteur pousse un grand cri comme pour signifier sa joie aux autres. L’examen et l’autopsie des corps, bien qu’horriblement mutilés et souvent méconnaissables si ce n’est la silhouette, montre que les tueurs utilisent des instruments tranchants, dentés et mécaniques, ainsi que des haches de toutes tailles.

Un invraisemblable vide juridique

De nombreuses enquêtes ont été menées, leurs résultats sont connus, mais aucune action n’a jamais été engagée. Il est vrai qu’aucune loi n’interdit ces abattages massifs, organisés rationnellement, et suivis de plans de reboisement. C’est pour cela que ces massacres à la tronçonneuse continuent, perpétrés par des tueurs en scierie, dans lesquelles les chaînes aboient et les pans de bois trépassent, taillant des costumes en sapin à toutes les essences d’arbres commercialisables, pour peu qu’elles aient quelque crédit arboricole.

Haut débit de lots laissant des billots de laie

L’abattage des arbres reste un triste spectacle. Le vacarme strident des moteurs de tronçonneuses couvre les hurlements de douleur du bois quand la première lame le coupe, avant qu’une deuxième passe pour qu’il ne repousse pas. Quelqu’un crie "timber", un grand craquement s’élève arrachant au tronc sa première plinthe. On le dépèce de ses branches, on l’étête, ce qui le rend laid, mais on n’a pas à faire à des chasseurs d’esthètes. Enfin, on lui arrache l’écorce. S’enfuient alors tous les parasites xylophages dérangés par la destruction de leur garde-manger, autant d’insectes aigris que de mouches amères. La dépouille finira en lamelles, planches, parquets, poteaux, manches d’outils comme ceux que certaines pelles arborent, ou bûches rondes qu’on tronçonne en coulisse et qui finissent au fond d’une cheminée. Des copeaux les plus larges on fera des chèques en bois.

Ami, entends-tu les cris sourds des taillis qu’on déchêne. Oui ! La Lozère aime le son du bois le soir au fond des coupes quand les troncs sonnent sous des scies si impératives. La Lozère, où coule un haut débit de lots d’arbres laissant des billots de laie forestière. Heureusement, l’épique vert des futaies sylvestres s’étalonne encore sur une belle palette. Et comme dit la maxime du forestier : l’arbre cévenol n’a pas la sève molle.

Lozérix - Un seul hêtre vous manque, et tout est peuplier.