"Nous sommes allés en Irak pour libérer ce peuple d’un épouvantable tyran. Malgré les nombreuses attaques contre nos troupes de libération, nous ne renoncerons pas à notre mission sacrée." G. W. Bush

Hier, devant le Congrès à Washington, le président Bush a fait un discours remarqué, en réponse aux récentes attaques contre les armées de protection du peuple Irakien. Devant une assemblée captivée, il a brossé un tableau saisissant des récents événements.

Georges Bush : pourquoi l’Irak a mal tourné

"Malgré nos efforts, malgré nos conseils éclairés, Saddam Hussein à qui était promis un grand avenir est devenu un tyran. Cela s’est produit quelques années après les visites que lui a fait Donald Rumsfeld lorsqu’il est allé lui vendre des armes pour lui permettre de se défendre contre les attaques de l’Iran.

Quelque chose s’est produit alors, le pouvoir est monté à la tête de Saddam Hussein, et depuis, les malheureux irakiens ont été contraints de se ruiner la santé en allant travailler dans les usines d’armes de destruction massive qui parsemaient par centaines le pays, du Tigre à l’Euphrate. Et malgré un travail acharné, ces pauvres gens étaient payés pour certains avec des ronds de chapeaux, pour d’autres au lance-pierre (deux produits fabriqués par les membres du parti Baas NDLR).

Cette situation était devenue intolérable, il fallait que cela cesse. Et pour couronner le tout, Saddam Hussein et le parti Baas se moquèrent du monde entier en général et des Etats Unis en particulier. Ils poussèrent l’arrogance jusqu’à refuser de laisser les inspecteurs de l’ONU contrôler les conditions de travail des travailleurs irakiens (comme le réclamait le PDG de Nike, qui faisait travailler leurs enfants depuis de nombreuses années dans ses usines de chaussures de sport NDLR).

"Nous, valeureux américains dont le monde entier envie la richesse, la clairvoyance, la puissance de feu et la Secte Moon, nous savons ce qui est bon pour les irakiens. C’est la Démocratie. C’est la Liberté. Comme celle qui règne aux USA pour tous les blancs qui gagnent suffisamment d’argent.

Aussi avons-nous décidé de faire la guerre à l’Irak pour que ce pays puisse progresser comme les Etats Unis et connaître la démocratie."

L’avenir de l’Irak se dessine enfin

Devant le Congrès qui l’applaudit à tout rompre, le président Bush a ensuite réaffirmé sa volonté de libérer le peuple irakien et d’imposer la démocratie, par la force s’il le fallait. "Tous les irakiens qui ne sont pas convaincus de la nécessité de faire régner la démocratie dans leur pays seront impitoyablement jugés à Guantanamo puis passés par les armes s’ils ne renoncent pas à leurs funestes projets, qui ne sont qu’un prétexte pour déséquilibrer l’occident. Nous imposerons la liberté à ce peuple opprimé, par tous les moyens. La démocratie vaincra, je le jure sur la Bible".

Le président Bush a ensuite évoqué l’avenir radieux réservé au peuple irakien.

"Dans les années qui viennent, une fois qu’auront été éliminés par des bombardements massifs tous les opposants à la démocratie, l’Irak sera reconnaissant envers ses libérateurs. Dans chaque ville et chaque village de l’Irak il y aura un MacDonald’s, et dans chaque école un distributeur de Coca Cola. Chaque famille pourra acheter un ordinateur Microsoft, des logiciels pour retransmettre les virus et une connexion à Internet pour recevoir des spams. Toutes les grandes villes auront une école primaire privée, une école secondaire privée, une université privée et un hôpital privés, construits par les entreprises américaines et où l’on payera en dollars. Tout le monde aura sa chance pour accéder à un travail au sein des entreprises américaines, pour peu que chacun se montre raisonnable sur les salaires et les conditions de travail et qu’il ne soit pas syndicaliste. Dans les rues des villes, et même dans les campagnes on roulera en 4x4 turbo diesel climatisée avec pare-buffle à l’avant, ou en Harley-Davidson aussi pétaradante que sur la Route 66, habillé de blouson de cuir avec des étoiles en argent. La sécurité sera assurée par des milliers de caméras de surveillance et les armes seront en vente libre. Et les patrons pourront avoir des stock-options. Le progrès aura enfin atteint cette partie du monde".

Ensuite le président Bush, une larme perlant au coin de la paupière, a dépeint la future Bourse de Bagdad où s’échangeraient par millions des actions Enron Irak, les merveilleuses avenues aux enseignes clignotantes, les fédéraux en hélico pourchassant le crime et Saddam Hussein, aidés par le FBI (Fédéral Bagdad of Investigation), et les centaines de gratte-ciel, tellement accolés les uns aux autres dans le centre de la capitale que dans les rues il ferait frais, même en plein été. Porté par un enthousiasme incroyable le Congrès a voté aussitôt un budget supplémentaire de 87 milliards de dollars pour permettre au peuple irakien de se libérer définitivement.

Pour ne pas perdre de temps les premiers chèques seront remis dès demain matin sur les bureaux des dirigeants des entreprises américaines. Les pétroliers ont promis de participer activement à l’ensemble de la reconstruction dès la fin des bombardements démocratiques.