La version contemporaine d’Halloween est mercantile et Américaine, mais son origine est Celtique, Européenne et païenne.

La nuit du 31 octobre était pour les Celtes, et donc nos ancêtres les Gaulois, la nuit du nouvel an. Cette nuit de Samain qui marquait l’année nouvelle, était un moment de rencontre entre les vivants et les morts qui pouvaient quitter les Sidhs, après quoi tout ce beau monde festoyait autour d’un de ces fameux banquets celtes dont l’ampleur a été archéologiquement révélée par la taille des chaudrons.

Après l’avènement du culte du marcheur sur l’eau, fils du grand éclusier de la Mer Rouge, le dieu Kernunos, à cause de ses bois de cerf et de sa propension à conduire d’orgiaques bacchanales, a été arrêté, jugé et déclaré coupable d’être le Diable - personnage cornu préposé à l’entretien du chauffage central chez les chrétiens - et condamné à s’immerger sous terre, en un lieu nommé enfer.

Or, cet espace peuplé d’individus peu recommandables ne se révéla pas être un endroit nickel, ce qui fit dire à Kernunos que l’enfer c’est les autres. Il n’y a même pas un zinc ou prendre un pot et de toutes façons l’argent n’a pas cours. Les platines infernales ne diffusent que des orchestres de cuivre jouant des airs baroques sur tout laiton. La seule occupation est d’aller au charbon pour l’entretien des feux et la surveillance du mercure indiquant la température. Du mercure au chrome il n’y a qu’un pas et ce chrome, synonyme de malchance, est ici bas exprimée par l’absence totale de pause, même pour couler un bronze.

Son acolyte, la déesse Keridwen fut quant à elle déclarée coupable d’incitation à la débauche, exercice illégal de la médecine, délivrance de médicaments sans présentation d’ordonnance et production illégale de produits spiritueux et alcoolisés, délit aggravé de vente aux mineurs. Keridwen et Kernunos protestèrent avec véhémence mais leurs juges trouvant leurs plaintes sans fondement restèrent sourds à ces cris sans thèmes. La rupture des cordes vocales et une migraine carabinée furent les maux de hurlements qui affligèrent nos Dieux païens.

Quant aux citrouilles omniprésentes pendant halloween, elles sont une réminiscence de la mésaventure d’un certain Jack, un Irlandais particulièrement irrespectueux qui se moquait autant de Dieu - patron du village de vacances "le Paradis" - que du Diable - en Enfer et contre tous - qui de ce fait, à sa mort, ne put rejoindre aucun des deux endroits et se trouva fort dépourvu quand l’abysse fut venu. Depuis son décès, il déambule de par le monde, ne pouvant rejoindre ni enfer ni paradis. Atteint de parasitose intestinale, il va souvent prendre des purges à Thourars, dans les Deux-Sèvres. Pour se donner un peu de lumière dans les ténèbres de son errance, Jack mit une bougie dans une citrouille creusée, c’est pourquoi les premiers à l’avoir vu passer, les Irlandais, l’ont surnommé Jack O’Lantern.

Pour couronner le tout, ce pauvre Jack est condamné à errer jusqu’au jour du jugement dernier. Mais la justice divine étant au moins aussi encombrée que celle des hommes, l’ultime procès, qui sera annoncé par les cavaliers de l’apocalypse en un tiercé prometteur d’un beau désordre, n’a toujours pas de date attribuée. L’agenda de Dieu est plein, il n’a même pas un créneau pour faire réviser sa voiture, ce qui est un comble au royaume des essieux, mais il faut dire que depuis le retour de son fiston, les voies de Dieu sont pleines d’épines et de clous. Tout cela ne le chagrine pas beaucoup ou il n’en laisse rien paraître. Les émois du seigneur sont impénétrables.

Lozérix - Masque d’enfer.