Cette année, la Filc est certes loin de l’impact de Bâle mais elle se révèle de bonne qualité, plaisante et variée.

C’est dans une ambiance trouble que la Filc Foire internationale au lard contemporain fête ses 30 ans. Plusieurs raisons expliquent les vents contraires qui secouent le navire. Elles sont liées à l’éternel serpent de mer qu’est l’état du marché français de la charcuterie, souvent jugé faible, et à la multiplication des foires internationales et même nationales (Salon de l’Agriculture). A cet égard, la nouvelle foire de Munich, Delicatessen, qui affiche clairement ses prétentions, s’annonce comme une sérieuse concurrence.

Mauvais genre

Comme si cela ne suffisait pas, la Filc se trouve malmenée par des dissensions internes qui, latentes depuis quelques années, éclatent et font mauvais genre. On les retrouve aussi bien au sein de la Guilde de la Saucisse de Toulouse (la société organisatrice) que de la Confrérie du Tripou d’Auvergne (comité chargé de sélectionner les participants et de donner une orientation à la foire.

Frappant

Mais que vaut réellement la Filc cette année ? Certes, elle est loin du niveau de Bâle : il lui manque de très belles pièces comme on en trouve à la foire helvétique. Mais elle se révèle de bonne qualité, plaisante et variée. Du chorizo espagnol, à la viande des grisons italienne, des beer and guts d’angleterre à la panse de brebis écossaise passant par l’irish stew d’Eire, la choucroute alsacienne, ou les butifaras catalanes, toutes les disciplines sont au rendez-vous. On passe d’expositions personnelles de chaque producteur à un hommage au boudin aux pommes présenté par les Maîtres Boudineurs, avant de découvrir le stand fleuri de milliers de bouquets de persil dédié à la tête de veau.

On enchaîne ensuite avec des découvertes (gamme de saucisses parfumées), et des accrochages collectifs soignés (collection des saucissons secs d’Europe) et les pièces reconstituées à partir des restes fossiles découverts à Lascaux. Et en prime un éventail des créations contemporaines chinoises (foie gras de limule) et mexicaines (rillettes pimentées d’iguane) qui font leur entrée à la Filc. Quant aux nouveautés ou événements liés à cette édition, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Le Président de la foire l’a annoncé : c’est l’an prochain et les suivants que la Filc connaîtra des changements, avec l’agrandissement de sa surface d’exposition et l’ouverture aux élevages d’esturgeons.

Filc : Hall 4, Paris expo, Porte de Versailles à Paris. Jusqu’au 13 octobre. Horaires : jeudi 12 h-22 h, vendredi 12 h-20 h, samedi et dimanche 11h-20 h, lundi 12 h-18 h.