Jean-Pierre Artiganave, maire de Lourdes, s’est réjoui qu’aucune victime n’ait été à déplorer et a jugé les inondations qui ont frappé sa ville bien moins importantes que d’autres catastrophes de ce genre, comme à Vaison-la-Romaine en 1997. Certes. Mais cela ne répond pas à la grave question des assurances. Un Etat laïque ne pouvant décemment pas publier un décret de catastrophe DIVINE, dès lors, qui va payer ?

La grotte de Lourdes a rouvert lundi malgré 2 millions d’euros de dégâts

La mairie a demandé lundi dernier la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour que les assurances puissent payer les réparations. Mais l’Etat a répondu que la ville de Lourdes étant sous la protection de la Vierge les inondations s’apparentent à un Déluge Divin. "La bible explique bien que le Déluge qu’a dû affronter Noé était une colère de Dieu. A Lourdes, la Sainte Vierge grâce à qui sont guéris miraculeusement les malades ne pourrait accepter que sa grotte soit malade à son tour sans intervenir par un nouveau miracle". Dont acte.

De leur côté les compagnies d’assurance se sont réunies en conclave et ont publié un communiqué commun déclarant qu’une telle catastrophe ne saurait être naturelle. "Ce n’est certes pas la Météo qui a fait enfler le Gave de Pau au point de lui faire charrier des troncs d’arbres qui ont tout dévasté. Qui donc peut provoquer des dégâts pareils dans une Ville Sainte ? Et de plus nos cotisations ont été calculées au plus juste, en prenant en compte qu’une ville bénie des dieux est naturellement à l’abri des tempêtes et autres pluies diluviennes. A Lourdes, ville des miracles, que pourrait-il arriver de catastrophique ? Il est plus probable, imagine un porte-parole d’une des compagnies, qu’il s’agisse d’un différend au niveau des puissances célestes, par exemple une Dispute entre la Vierge Marie et Jésus-Christ qui aurait mal tourné. Et nous ne pouvons évidemment pas couvrir les conséquences d’un Conflit Céleste."

La ministre déléguée au Tourisme Sylvia Pinel s’est rendue lundi matin dans la ville, mais curieusement nul n’a vu la ministre déléguée aux Miracles y faire un tour.

"On a procédé à un premier chiffrage de 2 millions d’euros de dégâts, qui concerne la centrale hydro-électrique, les ponts, la voirie", a dit Thierry Castillo, l’économe des sanctuaires.

LES INDEMNISATIONS PAPALES SONT À L’ÉTUDE

Groupama suggère donc aux autorités de s’adresser directement au Vatican pour les indemnisations. "Les instances catholiques sont les seules qui attestent des guérisons miraculeuses, car Dieu leur communique par ligne directe l’état des miraculés. Pourquoi donc ne demandent-elles pas à l’ange Gabriel, à Saint Pierre, ou même à Dieu le Père une sorte de chèque en blanc, sous la forme d’un nouveau miracle ?

Il est vrai qu’une simple intervention de la Vierge Marie pourrait tout remettre en état immédiatement. Lourdes serait alors elle aussi miraculée. N’est-ce pas la logique même ?

UN NOUVEAU MIRACLE EST ATTENDU

Les sanctuaires ont rouvert leurs portes aux pèlerins lundi et la grotte, située tout près du lit du Gave de Pau et qui a été couverte de boue, a même pu être nettoyée plus rapidement que prévu.

"La grotte a rouvert en milieu d’après-midi. C’est un tour de force qu’on doit au personnel des sanctuaires, à l’aide de la ville de Lourdes et aux pompiers", a dit Thierry Castillo, qui a précisé que la situation devrait redevenir "quasi normale" jeudi. Mais à la question d’un journaliste concernant l’aide attendue des Cieux il n’a pas voulu répondre, arguant que "des négociations étaient en cours".

Le Pape pourrait célébrer une messe d’action de grâces à St Pierre de Rome car les finances du Vatican ne sont pas très reluisantes. En coulisses un Cardinal exprime que "…Là-Haut, IL pourrait faire un effort pour la ville de Lourdes qui attire tant de pèlerins !"

"LOURDES S’EN RELÈVERA" A DIT LE MAIRE

"Dieu merci, cela s’est produit le 20 octobre et non pas le 15 août", a souligné l’élu, allusion à la fête mariale de l’Assomption qui attire chaque année de nombreux fidèles.

DIEU MERCI ? On ne peut pas mieux dire…