Après (ou avant) la dégradation de la note des pays européens, on doit s’interroger : quelle est la raison d’une telle dégringolade ? Ces pays sont à majorité chrétienne, pourquoi les pays des autres religions ne craignent-ils pas les AAA menaçants ? Où peut nous mener cette réflexion ?

Cela a commencé avec les Etats Unis, cet été : La note US a été dégradée sans tambour ni trompette. Puis ce fut la Grèce, le Portugal et enfin l’Italie, pays du Pape. Des Etats bien-pensants, au long passé chrétien. Et voilà que la France – fille aînée de l’Eglise – et l’Allemagne – où le denier du culte est prélevé à la source – vont être soumises à la même punition. Pourquoi cela ?

Le déluge du 21e siècle ?

Il y a 3000 ans, tout le monde sait qu’un déluge a été provoqué par Dieu, mécontent des agissements des hommes. Noé a même dû construire une Arche avec les moyens du bord pour y sauver un couple de chacune des espèces vivantes. Aujourd’hui, Dieu s’il était en colère ne ferait sans doute plus la même chose : on sait combattre les inondations, construire des barrages, on irait installer des îles sur les sommets. Le déluge nous affecterait bien moins.

Il est fort probable que dans son infinie sagesse Dieu ait aujourd’hui choisi de frapper plutôt l’humanité "au portefeuille". Et c’est par l’intermédiaire de son bras armé, l’agence Standard and Poor’s, qu’il nous concocte une catastrophe autrement plus terrible, un déluge de dégradations, tout simplement. Comme si un Noé moderne était contraint d’emporter dans son arche à la fois les dollars de Fort Knox et les euros de la Banque Européenne. Un naufrage assuré !

C’est ainsi un véritable maëlstrom économique auquel l’au-delà nous condamne aujourd’hui. Sans doute à cause de fautes telles que – pêle-mêle - la pédophilie d’ecclésiatiques, le préservatif condamné par Rome, le bling-bling ostentatoire au plus haut niveau, etc. etc…

Le retour de bâton

Oui mais… Standard and Poor’s a beau appartenir au pays le plus dollar-croyant ("In God we Trust" est inscrit sur chaque billet) cette pilule reste pour eux difficile à avaler. Eux qui décident du bien et du mal ici bas peuvent-ils se laisser dépasser par un jugement supérieur ? Impossible ! C’est nous qui mettons des notes, nous sommes les rois du monde !

"Notationem faisandum, Rex mundum summus" est inscrit sur leur blason de Wall street.

Aussi, emportés par leur bel élan économico-rationaliste ont-ils décidé après une profonde analyse structurelle, et puisqu’ils avaient déjà établi et mis en œuvre les barèmes de bonne santé des SDF, Boueux, Artisans, Commerçants, PME, PMI, Indutriels, Multinationales, puis Etats, de noter enfin Dieu lui-même.

" Faites-nous confiance ! Aucune activité ici bas et dans l’au-delà ne pourra plus désormais échapper à l’évaluation selon les critères drastiques de nos échelles de contrôle " telle est leur profession de foi.

Heureusement que les reporters du Rien, de sacrés fouineurs, ont pu avoir accès aux études en cours et nous en révèlent la teneur. Voici de quoi en ressentir un terrible frisson. Eloignez les enfants pour lire la suite.

Dieu le Père dégradé de AAA à AA+ ?

Economiquement, le raisonnement de Poor’s est très simple : une saine gestion consiste d’abord à mesurer les rentrées, c’est-à-dire les ventes, puis à en soustraire les sorties, c’est-à-dire les dépenses. Un résultat positif signifie un gain, allant de AAA (très bon élève) à A- (mauvais élève). A l’inverse, des pertes sont notées B à BBB, le cancre au fond de la classe près du radiateur.

Dans le cas de Dieu, que constate-t-on ? Si les gains depuis Jésus Christ ont d’abord été constants pendant plusieurs siècles, il n’en est plus de même depuis belle lurette. Certes, si l’Inquisition (l’ancêtre du AAA) a pu redresser la barre un temps, ses méthodes archaïques (avant l’invention de la Sainte Bourse) ont fait long feu. De nos jours, le Dow Jones ne comporte absolument aucune cotation des Cathédrales, du Vatican, de St Pierre de Rome ou du Pape, et les prêcheurs se font de plus en plus rares. Les Conquistadors qui un temps on pu découvrir de nouvelles niches de profit n’ont pas mis la main sur l’Eldorado, et les indiens d’Amérique n’ont pas produit suffisamment de Jeans et de Nike pour remplir les caisses.

Pire, ce sont aujourd’hui des japonais, des chinois, des pétro-dollars qui concurrencent les sub-primes alors qu’on y vénère Bouddah, Lao Tseu ou Allah !

Dieu aurait-il perdu la partie ?

Pour Standard and Poor’s la réponse est à l’étude, mais Dieu le Père n’a plus chez eux la cote. Jugé trop dépensier, ayant souscrit des prêts à des taux usuraires, vendu des indulgences à des nobles improductifs, il a accumulé les richesses sans savoir les placer. Et si ses cardinaux et autres évêques s’affublent encore de tenues bling-bling, au fond des monastères les moines qui pourtant travaillent gratos n’ont pas su s’adapter. Après la Jouvence de l’abbé Soury il n’ont pas su s’industrialiser pour fabriquer des climatiseurs inefficaces ou des poupées polluantes à bas prix pour en inonder les marchés.

Inonder, inonder… tiens, le déluge ça ne vous rappelle rien ?