Le langage du Gévaudan se caractérise par sa complexité.

Empruntant largement à la langue naturelle, tant au plan de la syntaxe qu’à celui du vocabulaire, il possède aussi certains traits inhérents à tout langage littéraire, univocité et abstraction, toutes deux apanages du concept. Mais cette dualité ne rend pas exactement compte de la nature du langage du Gévaudan, également langue de spécialité, puisque le langage usuel voit parfois le sens commun transformé en acception campagnarde. Cette interpénétration du littéraire d’essence felibristique et du fonctionnel essentiellement agriculturel, dialectique du mot et du concept, de l’outil et de l’idée, nous l’appelons : système gabalo-linguistique.

L’articulation du système dans la langue et hors la langue va simplifier la rencontre de l’information factuelle et de la rédaction générique (incroyable mais vrai NDLR).

En matière de diffusion de l’information - de provenance et de destination lozérienne -, problématique accrue et sublimée par l’existence de variations patoisantes dans les réseaux des hautes-terres, la dynamique de la langue naturelle peut perturber parfois jusqu’à l’altération la perception et l’émission des données orales. Il est alors nécessaire de concevoir des méthodes d’analyse et des instruments correctifs palliant les effets conjugués de la syntaxe et de la sémantique.

Avec la dimension internationale acquise par les flux informatifs, le traitement des variations patoisantes en Gévaudan revêt une importance capitale et met en évidence la confrontation des systèmes oraux à laquelle les voies classiques de la traduction et de la comparaison n’apportent que des solutions partielles et forcément incomplètes. L’information locale, en tant que donnée brute, se transmue lorsqu’elle est soumise aux pratiques communicatiques des Lozériens, autant en importation qu’en exportation. La modélisation pourrait contribuer à une meilleure lisibilité des transferts entrant et sortant de cette connaissance régionale. Là encore, le système gabalo-linguistique va se manifester, pour prévenir des obstacles, et selon les cas pour proposer des solutions.

Aujourd’hui, au-delà de ces transferts de la connaissance intra et extra lozérienne, le formatage voire la formalisation du discours révèle une résistance subjective passive et collective du Gévaudan. Mais une nouvelle fois, le système gabalo-linguistique de par le croisement entre index et thésaurus et l’extension de la mémoire commune linéairement enrichie de nouveaux acquis, facilite le délicat processus d’axiomatisation, tout en assurant la pérennité du langage dans le respect de ses particularismes (de Panama NDLR).

Dont acte.

Quelle limpidité dans le discours, quelle afférence dans le propos ! Une précision d’importance, comme on le voit, qui nous a été transmise par notre fidèle ami Lozérix.