Qu’on se le dise, la différence, notable, qu’il peut y avoir entre un Président de la République et un Président de Région, c’est l’attrait ou la répulsion qu’ils peuvent avoir pour leur prochain, surtout si ces prochains sont des cons.

Un Président de la République, bien qu’élu de tous et même de ceux qui n’ont pas voté pour lui peut se laisser à dire du haut de sa superbe et de son mépris : « Casse-toi pov’ con ! », formule fleurie destinée à être entendue par toute la communauté, nombreuse, de ceux qui n’ont pas lu La Princesse de Clèves.

Par contre un Président de Région, élu presque local, a besoin des mêmes pour être sur de pouvoir déposer son auguste postérieur sur le trône régional. Alors il le dit : « … quand je fais une campagne, je ne la fais jamais pour les gens intelligents. Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 %, il y en a 3 % avec moi et 3 % contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse. Les cons, avec ma bonne tête, je raconte des histoires de cul, etc. ça a un succès fou. Ils disent, merde, il est marrant, c’est un intellectuel mais il est comme nous… ».

Sur les berges du Lez, le con plait (veston) alors complaisamment on le drague. Sous les ors de l’Elysée, le con, pauvre de surcroît et donc con sans gain, encombre.

Conséquemment, que faudra t-il faire aux prochaines élections ? Consacrer un nain congru que les cons vexent et qui n’accorde qu’aux banques l’aumône que les cons quêtent ? Ou rassoir un con voyeur qui lorgne avec concupiscence sur tout ce qui peut être électeur ? A moins que les cons, vaincus par tant de cynisme, prennent à contre-pied les futures consultations électorales pour s’en tenir à une salutaire continence du vote envers ces élus contondants.

Car quand il est pris pour un imbécile, légitimement, le con fait tilt. Et l’épaisseur des billevesées, gaffes, bévues, boulettes et noms d’oiseaux que leurs dédient régulièrement les politiques est telle que les cons gèrent de plus en plus mal cette maculée conception de la politique. Le con, s’il y a bulle à son encontre, éclate parfois. Concomitamment, il conspue alors avec ferveur ceux qu’il avait mis en place pour commettre régicide, présenticide et autre crime de lèse-majesté. La rancœur des cons, dite aussi déconfiture, est souvent douloureuse pour les corps constitués. Le con, ce type dont on se gausse, peut lui aussi péter plus haut qu’un inculte et rompre violemment le contrat, quinquennal ou sexennal qui le lie aux pouvoirs, régional ou présidentiel. On n’aime que les intellectuels, le con chie la culture, il n’est pas du même moule, mais n’oubliez pas messieurs, qu’au final, celui que les cons portent, ils savent bien souvent le congédier.

Lozérix - compatissant consterné des cons cernés.