Il faut de toute urgence faire œuvre de salubrité publique en ces temps de repos dû à l’été, en informant les quidams, les quidames et les quidemoiselles qui envisageraient à l’occasion de leurs transhumances estivales, d’aller, idée saugrenue, farnienter dans l’aire au sud des Cévennes…

…qui descend des deniers contreforts de celles-ci aux plaines alluvionnaires du Rhône et du Vidourle, territoires dangereux où rodent encore d’inquiétantes présences, des risques auxquels s’exposent ces nomades saisonniers. Pôvres touristes trompés par l’omission permanente d’information pertinente dues aux médias francoparisiens ligués avec les intérêts touristiques de la susdite province qui croule sous un soleil de plomb et s’étale comme un camembert oublié au sahel et se liquéfie autant par la chaleur que par de fromagères larmes car il sait qu’il ne reverra pas sa Normandie…

…les vaches rousses blanches et noires sur lesquelles tombe la pluie, et les cerisiers blancs, une mare avec des canards, des pommiers dans la prairie et le bon cidre doux, les œufs, les bœufs, un p’tit village plein d’amis et puis les filles aux joues rouges qui donnent aux hommes de là-bas, qui donnent aux hommes de l’amour, l’amour made in Normandie.

De considérables risques

Car, ce qui n’est pas dit pas à tous ces braves égarés des congés payés, c’est qu’en se rendant la bas, ces longues caravanes de juilletistes ou d’aoutiens, ces bédouins autoroutiers, routiers, aériens et chemindefériques qui patientent 11 mois pour aller, le 12eme, planter la tente, louer le cabanon, ou investir le mas, prennent de considérables risques inconsidérés. C’est sidérant ! Ils peuvent à tout moment être attaqués par des nuages de moustiques dont les moins recommandables pourraient bien leur refiler le virus du Nil. A toute heure du jour sont posés sur les troncs d’arbres des escadres vrombissantes de cigales dont l’impact sur les tympans est comparable au décollage des Rafales-marine du pont du Charles-de-Gaulle. A la nuit tombée, il est fréquent que les vols de flamands roses se rendant au point d’eau se fassent, en guise d’apéritif, une becquetée de touristes.

Vous croyez qu’il s’est inspiré de quelle région Alfred Hitchcock quand il a tourné son film « Les oiseaux » ? Certains témoins, adeptes du jaune, ont même prétendu avoir vu des éléphants roses se joindre, par mimétisme, aux flamands. Cette scène aurait été observée dans le ciel de Vallon-pont-d’Arc. - Plus terrible encore, on ne compte plus les crocodiles qui hantent les égouts de Nîmes et qui se croquent une Odile, un Maure, une jambe ou un monsieur d’un seul coup de mâchoire ! Et en plus les Nîmois en sont fiers, ce vaurien de saurien orne même le blason de leur cité ! Les agents d’entretien qui s’affairent à entretenir les réseaux d’eaux usées de la ville sont souvent victimes eux aussi du vorace reptile. Une seconde d’inattention, subrepticement la bête bondit et hop, l’affairé est dans le sac.

Encore plus fort, la Tarasque s’éloigne volontiers des environs de Beaucaire et Tarascon (d’où son nom). Ce spectaculaire animal à mi-chemin entre le tatou, la tortue et le stégosaure, déjà décrite en son temps par le zoologue Alphonse Daudet aime à se nourrir de force dadais qu’elle vient chasser dans les zones périurbaines entre Arles et Nîmes et dans les campings municipaux des villages allentours qui constituent ses garde-mangers.

L’abominable homme des garrigues

Mais, de tous ces dangers extrêmes, il en est un dont l’horreur indicible va au delà, et dont le seul nom glace le sang, même à ceux qui ont le sang chaud comme Panza, et qui plus est à ceux qui font déjà preuve de sang-froid comme les picards. Le pire qui puisse arriver, c’est d’être la proie de l’abominable homme des garrigues (AHG). Ce prédateur redoutable à l’humeur facilement aigrie, agressif, est le premier chaînon de la lignée des pithécanthropes, un Adam de l’amer en quelque sorte. C’est un hominidé omnivore au pelage fauve foncé échappé du pléistocène, mais sa cène à lui se compose des apôtres qui randonnent naïvement dans le maquis méditerranéen, et son appétit féroce n’est pas forcément rassasié au bout du 12eme ! Maintes fois vu, décrit, photographié, dessiné, portraitisé, estampillé même, il vagabonde dans les milieux forestiers à végétation basse, sans que les autorités compétentes n’aient jamais fait la moindre recommandation alors que cet homme des bois excelle dans la traque des hommes aux abois. Alors, prenez garde et faites savoir autour de vous qu’il est des coins à éviter ! J’en donne pour preuve la comptine qui se chantait déjà lorsque les enfants lozériens étaient contraints, par manque d’infrastructures universitaires, d’aller étudier supérieurement dans les territoires de chasse de l’AHG :
- Petits lozériens plein de peine,
- Dans le Gard prenez garde à vous,
- Il est de sombres bêtes humaines
- Plus féroces que les loups ».

Lozérix - Journaliste au Sel de Guérande successeur de poivre d’Arvor.