Si vous utilisez les petites capsules bling-bling de la société Nespresso vous faites aussitôt partie du Club. Moi qui aime le bon café je peux aisément vous en parler, je suis une Nespresso-victim. Car je n’aime pas leurs petites capsules aluminium de couleurs diverses et variées, je n’aime pas leurs prix, je n’aime pas leur communication George Clooney, bref, de Nespresso je n’aime RIEN sinon leur très bon café. Trop cher.

On appelle ça de l’addiction.

Amateur de bon café à l’italienne, un peu corsé et surtout parfumé, j’ai acheté en convaincu parfait il y a quelques années un système Nespresso.

Certes, la capsule de 5 grammes valait alors 0,29 euros pièce soit 5,8 euros les 100 grammes de café ou 14,5 euros les 250 g. Comparé au prix de votre torréfacteur, c’est déjà 8 fois plus cher. Mais quand on aime, on ne compte pas…

Deux mois plus tard : 69% d’augmentation.

Une mauvaise surprise m’attendait : la capsule passait au bout de quelques mois à 0,31 euros, deux centimes de plus soit 69% d’augmentation, sans justification préalable. Est-ce que les paysans du bout du monde avaient obtenu une augmentation de 69 % de leur salaire ? Je n’en ai pas trouvé l’explication dans leur magazine du Club du RIEN.

Car si on y trouve, – dans une mise en page plutôt vieillotte – beaucoup d’informations à la gloire de Nespresso et de George Clooney, l’annonce de nouveaux crus (évidemment plus chers que les autres) en série limitée (les paysans Nicaraguais sont sans doute décimés par la guérilla et il y a de moins en moins de café ?) et de la pub bling-bling (au hasard pour Audemars Piguet, une montre "d’une beauté sulfureuse" dont personne ne voudrait sauf pour la revendre illico), il n’y a pas un mot sur les paysans producteurs. Ah, si, je me trompe, P37 on lit : "Plus la demande pour notre café sera forte, plus les caisses de l’Etat et de l’industrie du café se rempliront. Nos cultivateurs pourront ainsi continuer à travailler."

C’est dans ce magazine Nespresso que General Motors en décrépitude et qui ne vend plus ses gros 4x4 suceurs de fuel a puisé sans doute ses arguments : "Donnez-nous des sous, sinon tous nos ouvriers, les ouvriers de nos sous-traitants, les enfants, les amis, les enfants des amis des ouvriers de nos sous-traitants, leurs pasteurs, leurs curés, leurs concierges et jusqu’au Président des Etats Unis vont perdre leur travail…"

Les vertus du bon café

Dans ce superbe magazine du Club Nespresso on apprend heureusement malgré la crise financière que le café est un élixir miracle.

Si c’est vrai, il faut absolument en donner tout de suite aux traders, boursiers et autres dirigeants d’entreprises ayant pignon sur rue pour les doper dans la crise actuelle. Car le café "…augmente vos performances mentales, vos performances physiques, et protège vos cellules des dégradations oxydatives" (Oxydatives étant un mot inconnu du dictionnaire, j’en conclus que le café ne protège malheureusement pas des délires de vocabulaire).

Je pose alors une petite question : Le café, élixir miracle, protège-t-il les sociétés en difficulté, les mauvaises ventes de l’automobile et le climat en grand danger de réchauffement vers le bas ? Si oui, alors il faut vite que tout le monde achète une Nespresso.

Même Dieu en rêve quand il voit l’état du monde depuis quelques mois. Et au vu des moyens illimités du Créateur de Tout, nous conseillons à Nespresso d’envoyer son magazine à Dieu le Père en poste restante et de lui tracer un portrait désolant de tous les petits Mondiais (Extension planétaire du mot Nicaraguais).

Lui qui possède des milliards de milliards de dollars, après un Nespresso il va certainement nous envoyer une manne qui permettra à Wall Street de repartir du bon pied.