Nicolas Sarkozy a rendu visite au Pape l’an dernier, mais on apprend aujourd’hui que c’est d’abord le Ministre de l’Intérieur qui intéressait le locataire du Vatican. La raison ? La loi sur le travail dominical en préparation à l’Assemblée Nationale.

Lorsqu’ils disent la messe, les curés effectuent-t-ils un travail ?

Les députés ont largement passé sous silence une conséquence importante de la loi en cours d’étude sur le travail dominical. En effet, monsieur le curé fait son office public ce jour là. Dans l’église proche de chez vous effectue-t-il ce jour là un travail ? Et dans ce cas risque-t-il de tomber sous le coup de la nouvelle loi ?

On sait que des amendes dissuasives sont prévues pour les commerces qui dérogeraient aux obligations légales, et malheureusement si les curés se mettent dans l’illégalité, ils devront payer pour dire la messe de dimanche. Les débats régulièrement reconduits à l’Assemblée Nationale risquent donc, s’ils aboutissent, de faire crier "ouille !" aux ouailles au vu des ressources de l’Eglise qui ne pourrait payer ce nouvel impôt.

Car bien entendu fermer le dimanche est impensable, c’est le seul jour où les églises ouvrent leurs portes et elles risqueraient rapidement de sentir le moisi et de tomber en ruine, faute d’entretien. Par ailleurs le dimanche étant le seul jour où les catholiques pratiquants pratiquent, impossible d’y couper. Il faudrait donc que des amendes soient payées, coûte que coûte.

Au vu des ressources paroissiales de nos villages ce serait alors à l’autorité supérieure de s’acquitter en lieu et place de ses malheureux curés. Les évêques réclameraient alors des fonds - qui hélas ne seraient pas baptismaux - auprès des archevêques, lesquels seraitn obligés de s’adresser à leurs cardinaux. Ceux-ci en seraient réduits, après avoir cherché aux quatre coins cardinaux,à demander au Vatican in fine et sans finasser de faire un chèque papal au Trésor Public français.

Le Pape dans tous ses états

Le Pape qui ne l’entendait pas de cette oreille (ni tellement de l’autre, vu son grand âge) aurait cependant rétorqué à notre ex-Ministre de l’Intérieur qu’en réalité les prêtres ne travaillent pas le dimanche : ils officient. C’est officiel. Jamais à court d’arguments notre ex-ministre a alors fait remarquer que pendant l’office se produit la quête, et que si la quête de la vérité, de la sérénité, du pardon du Ciel ne regardent pas les impôts, la quête de quelque monnaie sonnante et trébuchante appelée Denier du Culte concerne l’Etat. Et la question qui se pose alors est de savoir si ce dernier denier assimilable à une vente doit être assujetti à la TVA ? Et dans ce cas, à quel taux ?

La TVA, rappelons-le, est une Taxe à la Valeur Ajoutée. Autrement dit, lorsque quelqu’un ajoute de la valeur par exemple à un morceau de bois en le transformant en meuble, une taxe sur la valeur de la vente du meuble est prélevée. Monsieur le Curé ne fait pas autrement, il ajoute de la valeur aux âmes de ses fidèles en prêchant la bonne parole. Comme le menuisier, il donne une forme plus élaborée à la foi de ses fidèles, lesquels paient ce service au moment de la quête. Il y a donc bel et bien valeur ajoutée.

Devant ce raisonnement le Pape n’en croyait toujours pas ses oreilles.

Taxe artisanale ou revenu professionnel ?

"Cependant", continua l’ancien locataire de Bercy, "il faut rappeler que pour les artisans la TVA est à 5%, alors qu’elle est de 19,6% pour les industriels, ce taux réduit étant destiné à favoriser l’artisanat et à faire vivre le tissu social.

Dans ces conditions et sous cet éclairage particulier on conçoit bien que monsieur le Curé puisse être assimilé à un artisan lorsqu’il officie dans sa petite église de quelques dizaines de paroissiens. Il devrait donc payer à l’état 5% de sa recette."

Le Pape en était abasourdi. Nicolas poussa son avantage :

"Cependant examinons à présent le cas fort différent d’une cathédrale. A Chartres ou à Notre Dame l’officiant s’adresse à plusieurs centaines de croyants. Dès lors, a contrario d’un véritable artisan, il se comporte en véritable chef d’entreprise. Pour peu qu’il officie devant un parterre de polonais fort pieux, il serait amené lors de la communion à se munir d’une machine à hosties automatique sous peine de faire durer sa messe plusieurs heures. Il s’agit alors bien là d’une production industrielle et la TVA à 19,6% semble s’imposer."

Nicolas continua derechef :

"On peut également remarquer que Notre Dame est riche, que la bâtisse est imposante et ressemble plus à un siège social d’établissement ayant pignon sur rue qu’à l’échoppe d’un plombier, fût-il polonais. La cathédrale ne devrait-elle pas, dès lors, figurer au registre des sociétés et soumettre sa comptabilité à un commissaire aux comptes ?"

La carte maîtresse de Nicolas Sarkozy

Tous ces points litigieux avaient mis le Pape, qui voyait fondre sa cassette à vue d’œil, dans tous ses états. La discussion menaça de s’éterniser et le ministre de l’intérieur se dit qu’il risquait de se voir refuser son prochain divorce et de rater bientôt son avion pour Paris… 

Heureusement, en parfait stratège Nicolas avait tout prévu. Il présenta alors au Pape son ami Bigard qui l’accompagnait et proposa quelques minutes de détente avec le sketche de la chauve-souris enragée. Le pape rit beaucoup et tomba dans le panneau : il en redemanda. Bigard dérapa alors finement (si l’on peut dire…) sur des histoires beaucoup plus graveleuses comme il sait si bien le faire.

Le Pape qui en avait vu d’autres dans une vie antérieure aurait pu continuer à éclater de rire sans vergogne, n’eut été la nonciature qui assistait à l’entretien. Devant l’Opus Dei, plus question de rigoler aux détails salaces de J-MB sauf se faire excommunier sur le champ. Et un Pape excommunié ce serait le monde à l’envers…

Volens, nolens, il fut obligé de mettre illico tout le monde dehors. Grâce à cette astuce remarquable Nicolas et Jean-Marie furent expédiés par les gardes suisses vite fait sur le Tarmac où Bolloré battait la semelle.

Quelle stratégie exemplaire !

En ce moment où se discute à nouveau la loi sur le travail dominical Nicolas va-t-il retourner au Vatican ? Gageons que cette fois il n’emmènera pas Bigard dans ses valises. Il paraît qu’il a trouvé mieux pour séduire le pape.