On a eu les températures les plus élevées du siècle en 1998, l’hiver le plus doux depuis 1950 en 2006 ainsi que le printemps le plus chaud depuis 1860. Mais pour l’été 2007 anti-caniculaire nos journalistes seraient-ils brusquement en panne de comparaisons ?

L’été le plus froid depuis ????

Cet été les températures sont au dessous des normales saisonnières mais j’ai beau écouter les infos personne ne nous dit depuis quand on n’a pas vu d’aussi bizarres températures en été. TF1 se tait, Antenne 2 idem, et sur France Inter pas l’ombre d’une alarme à propos du tourisme en berne en Bretagne. Pourtant les météorologues ne sont pas avares d’étonnements avec cette fraîcheur qui remplace ces canicules attendues par les prévisionnistes de tout poil. Que se passe-t-il, nom d’un flocon ?

"Le temps qu’il fait" ce n’est plus à la mode ?

Nous avons donc lancé les reporters du RIEN sur cette nouvelle enquête : le temps n’est-il plus d’actualité ? Et ils ont fait une très grande découverte : pour les températures terrestres, seules les hausses sont intéressantes. Pour utiliser une formule synthétique on pourrait dire que "Qu’il fasse plus froid, peu m’en chaut, mais qu’il fasse plus chaud, cela jette un froid."

On pourrait penser que cette formule est idiote car le temps qu’il fait est toujours important. Pour les eskimos qui ont l’habitude de faire leur promenade digestive par -15°, lorsqu’il fait 0° c’est le début de la canicule. Mais pour les Yéménites qui par +45° trouvent que ce soir "il y a une petite brise fraîche", 20° signifie sans l’ombre d’un degré que la glaciation est en marche. Alors, qui croire ?

L’explication en est simple : depuis l’Inuit des temps (650 000 ans, le chiffre fétiche du GIEC ou Groupe d’Intérêt pour les Échauffements Caractérisés) seules les températures les plus élevées étaient relevées. Dans la grotte de Lascaux on a par exemple décrypté récemment les peintures pariétales : elles ne parlent, on en est certain aujourd’hui, que des anomalies positives de la température. Et l’équivalence est fort simple : un bison = tiède, deux bisons = très chaud, et trois bisons = le plus chaud depuis 1950 ans.

Et gla et gla

Car à l’époque de ces premiers relevés de température on était en période glaciaire et le froid était constant. L’eau gelait dans les puits, la banquise était au maxi ainsi que les ours polaires qui pullulaient jusqu’en Bretagne, et il ne servait à RIEN de noter les minima. Par contre, pour quelques degrés de plus on pouvait gagner des dollars. L’homo habilis qui au lieu de glace amenait de l’eau au moulin était béni des Dieux, on pouvait avoir du grain à moudre et du pain sur la planche. Quiconque entendait parler de hausse du thermomètre pouvait aller porter la bonne nouvelle alentour, il était sûr d’être écouté et caressé dans le sens du poêle.

De là vient cette habitude : qu’il fasse froid, tout le monde s’en fout, mais dès que la température se réchauffe un tant soit peu les rotatives sont chauffées à blanc, il suffit de lire Le Monde ou Libération pour s’en convaincre. Ce qui est à noter ce sont les maxima, et on oublie les descentes de listes !

Tout cela pour en arriver à la triste constatation d’aujourd’hui : finalement, on est incapable de dire quand il a fait plus froid, surtout un 15 août.