Il y a 4000 ans, du temps des chaldéens et autres mésopotamiens, il y avait la science des astres ou astro-logique, qui tentait d’expliquer le cycle des saisons à travers la course des astres autour de la Terre. Mais à mesure que nos connaissances s’accroissaient cette science perdait pied...

Quelques astres autour de la terre

Il y avait le Soleil, la Lune, les étoiles. Les uns parcouraient le ciel, les autres restaient fixes sur un fond immuable. Alors on s’est mis à comprendre qu’en fonction des saisons le Soleil était plus haut ou plus bas sur l’horizon, et tournait à peu près de concert avec l’arrière-plan du ciel. Où l’on a cru voir des arrangements, des esquisses de dessins d’un animal ou d’un dieu de l’Olympe... Le tour était joué !

Car manifestement l’été c’était en août, avec les moissons, la chaleur, et ce dessin ébauché d’un lion à la crinière rayonnante. L’hiver c’était en janvier, avec le froid, la graine qui dort, l’insecte logé au fond du bois. Ensuite se sont ajoutées à mesure des observations Vénus, Mars, Mercure, Jupiter, Uranus, Neptune... les planètes qui formaient le système solaire. On a fini par s’apercevoir cependant que si dans le ciel elles semblaient tourner autour de la Terre ce n’était pas le cas là-haut. La Terre était elle aussi une simple planète condamnée à tourner autour du Soleil comme ses congénères. C’est là que l’astro-logique a perdu sa queue, sa "que".

Une logique sans queue... ni tête

On le sait bien, se débarrasser des vieilles traditions, des anciennes croyances transmises par nos aînés (ceux qui "savent") est des plus difficiles. Aussi, même avec une description du sytème solaire en totale contradiction avec l’astro-logique, on a continué à y croire, ou à faire semblant. D’abord en y ajoutant des planètes à mesure de leur découverte par les astronomes : Uranus (1781), Neptune (1846), Pluton (découverte en 1930 mais qui n’est plus une planète depuis 2006). Puis en faisant siennes les découvertes de la psychanalyse avec la description des caractères. Car les événements futurs étant impossibles à prédire dans une large mesure, il convenait de trouver d’autres domaines à quoi appliquer l’astrologie, moins faciles à vérifier qu’un tremblement de terre, une guerre ou une révolution.

Mille milliards d’objets célestes

Que diriez-vous si l’on vous apprenait que les quelques planètes du système solaire nous "influencent". Moi je dirais "Certainement !"

Ces planètes pourraient déterminer notre caractère, nous créer des opportunités à saisir ou des dangers à éviter tout au long de notre vie. Moi je dirais "Pourquoi pas ?"

A ces planètes on rajouterait la Lune. Parce que, trop proche, trop visible, trop présente elle pourrait nous influencer... Moi je dirais encore "Pourquoi pas ?"

Oui mais on ne tiendrait aucun compte des satellites des planètes...
- Il y en a combien ?
- Oh, pas plus d’une centaine...
- Ah, quand même ! Mais ils sont tout petits ?
- Euh, quatre sont plus gros que la Lune, et deux plus gros que Mercure.
- Ah, et vous ne pouvez pas les inclure dans votre astro-machin ?
- Euh, c’est-à-dire, plus d’une centaine ce serait difficile... Les Chaldéens qui ont inventé l’astro-logique il y a 4000 ans, les savants du Moyen Age qui y croyaient ne nous ont rien dit de tout cela...
- Oui mais Uranus, Neptune, Pluton, vous les avez bien ajoutées ?
- Les astronomes les avaient découvertes, il fallait bien !
- Mais en 2006 les astronomes ont dit que Pluton était trop petite pour être appelée planète, vous ne l’avez pas enlevée ?
- Euh... non !

- Continuez, pour voir ?
- Euh, à tout cela on ajouterait que les milliards de milliards d’objets célestes, les amas d’étoiles gigantesques, les milliards de galaxies n’ont aucune d’influence.
- Et encore ?
- Que les dix malheureuses planètes ont des actions différentes selon les individus, d’après leur date, leur heure, leur lieu de naissance.
- Continuez...
- Que la position des planètes le jour de votre naissance décidera si, vers la mi-juillet à l’âge de 22 ans vous avez une chance de rencontrer l’âme sœur.
- Et si je peux espérer faire de bonnes affaires en septembre ?
- Oui, c’est ça...

La conclusion

- Dites-moi, monsieur, avec votre astro-logique...
- Oui ?
- Vous me prenez pour un imbécile, n’est-ce pas ?
- Euh... Oui, pourquoi ?