En Lozère, l’eau zèbre le paysage. C’est la principale richesse du terroir Gabale. Elle est fragile et convoitée. Peut-être lirez vous dans le Midi-Libre du 8 juillet ou la Lozère Nouvelle du 11 juillet quelques lignes sur la Pseudomonas Aeruginosa, squatter ayant élu domicile dans des lots d’eau de Quézac, qui à ce titre sont rappelés des chaînes de distribution.

Qui est réellement cette bactérie, peut-on lui faire triangulairement confiance, doit-on être rondement circonspect ou doit-on carrément la craindre ? Pseudomonas aeruginosa est plus communément appelé le bacille pyocyanique. Cette bactérie vit à l’état saprophytique dans l’eau douce ou de mer, dans le sol humide et sur les végétaux. Elle résiste peu à la dessiccation, peut vivre en commensale dans le tube digestif de l’homme. C’est un agent pathogène opportuniste. Sa physiopathologie a des aspects redoutables. La pathologie engendrée est très polymorphe : infections locales de l’œil (fonte purulente) ou de l’oreille, infections des plaies et des brûlures, infections urinaires, méningites, infections pulmonaires, gastro-entérites aiguës, septicémies.

On voit que cette dame gagne à ne pas être connue, et que sa fréquentation peut entraîner des complications non anodines. Nos petits reporters locaux s’en tiennent à une minimisation de la situation, au total contrôle de celle-ci par les services sanitaires, à la responsabilité de Nestlé qui applique un principe de précaution. Au vu du CV de la bactérie, il semble que ce soit loin d’être superflu, et le ton badin employé par le méridional libéré semble quelque peu léger par rapport aux deux millions de bouteilles habitées par pseudomonas aeruginosa. Eau de là de ces considérations certes importantes sur la préservation des tubes digestifs des amateurs d’eau pétillante et lozérienne, on peut s’interroger sur la provenance de cette intruse.

Est-elle venue de son plein gré en villégiature cévenole, ou y a-t-elle été poussée par des individus aux turpitudes lozérophobes ? Après enquête auprès des offices de tourisme, des hôteliers, des réseaux de gîtes et chambres d’hôtes, on ne trouve aucune trace de réservation de séjour au nom de Madame Pseudomonas Aeruginosa. Il y a donc tout lieu de penser qu’elle s’est introduite clandestinement en Lozère. Dés lors, une arrivée secrète ne peut cacher que des projets terroristes. Force est de constater que le seul nom porté par cette bactérie inspire déjà la méfiance la plus absolue. De quel improbable et étranger pays cette Mata Hari bacillaire est-elle originaire ? D’Italie, qui depuis les romains tente vainement de réduire notre pays ? De Cologne dont les eaux ne sentent plus aussi bon qu’avant ?

Et si le coup venait de moins loin ? Ne serait-ce point un ennemi plus proche, plus lâche, plus vicieux, héréditaire, qui arbore sur son visage l’intention criminelle née d’une haine et d’une jalousie profonde pour la chose gabale. L’Anti-Gévaudan, secte kukluxklanesque qui rêve de la partition de nos terres, association de malfaiteurs, réunion d’individus louches, cette cagoule de bandits, cette franc-maçonnerie d’envahisseur a-t-elle encore frappé ? Car finalement à qui le crime profite-t-il ? La ruine de Quézac cela pourrait faire le succès de Vichy, eau qui s’est déjà livrée par le passé à des manœuvres d’une germanophilie écœurante. Ce pourrait être aussi le renouveau de Badoit qui était menacée de perdre son monopole d’eau minérale du restaurant.

Mais le sabotage de l’eau Quézacoise, aquatique source jouvencelle, locale fontainière de Barenton, n’est-ce pas à d’autres que cela profite ? Au Loch Lomond si prisé par le capitaine Bardock ? A l’Aguardiente du général Tapioca ? Ou bien à une eau qui rend fou, dont la consommation procure aux buveurs des délires psychédéliques où des requins se mêlent aux momies ? Une eau puisée au fond du Gard, berceau des doryphores, limon nourricier de créatures bipèdes vaguement humaines qui depuis toujours complotent à l’annexion du Gévaudan. Une glougloute qui est allée jusqu’à soutenir de manière souterraine une rave-party sauvage sur le causse Méjean où les Méjeantés ont vu quelques milliers de déjantés se dandiner, non régentés, pendant trois jours, rejetant dans l’atmosphère et dans les dolines leurs effluves aériennes ou liquides chargées de substances acides, nocives, corrosives et explosives, exclusives et sensitives, démonstratives et évolutives.

A ce stade la boucle se ferme et la ceinture de la logique révèle l’embonpoint de la vérité. Le rejet massif sur le calcaire du causse d’impuretés mal digérées par des organismes douteux qui peu à peu se sont infiltrées dans les fleurines, ont glissé dans les failles géologiques, stagné dans des lacs souterrains se mêlant sans vergogne à notre belle eau vive, rebondi de stalactites en stalagmites avant de perler à l’air libre, est le vecteur d’entrée en Gévaudan d’Aeruginosa. Celle-ci se déplace avec l’eau comme le Nosferatu se déplace avec sa bière de terre. Il est donc évident que cette eau souillée, viciée, corrompue, est aujourd’hui le havre de Madame Pseudomonas Aeruginosa, agent bactérien monté des plaines et dont les buts ultimes sont probablement de coller une cataclysmique et endémique épidémie de colique aux appareils intestinaux lozériens.

Alors, prenez garde ! Faites bouillir votre Quézac ou buvez du vin d’Ispagnac, et tout à trac, évitez les flaques. Crac !

Lozérix Agua boniste - Résolutif du mystère du trou d’eau jaune